Avant 1973, cohabitaient sur le territoire français, sous
l’appellation Aïkido, trois groupes. Deux avaient un statut officiel au sein de la Fédération Française de Judo et Disciplines Associées (FFJDA) : le groupe dit « Mochizuki »
(Aïkido-Jujutsu du Yoseikan) dont nous sommes les héritiers et le groupe dit « Nocquet » (Aikido groupe Ueshiba). La troisième, hors fédération, était le groupe Tamura ou
Association Culturelle Française d’Aïkido (ACFA, également Aikido Ueshiba).
Le président de la FFJDA, M. Pfeiffer, décida d'unifier notre discipline... Il réunit les maîtres Hiroo Mochizuki, André Nocquet et Nobuyoshi Tamura à
la fin septembre 1973 et leur donna jusqu'au 31 décembre pour proposer une méthode unique d'enseignement de l’Aïkido. Quelques mois auparavant, Alain Floquet s’était retiré de la Direction
Technique du Groupe Aikido Yoseikan suite à un profond désaccord avec le nouveau Président du groupe. Les trois experts se mirent très vite d'accord pour que la seule méthode officielle
soit celle de l’Aïkikaï.
Le 1er décembre, trois cents représentants des clubs d’Aïkido français furent convoqués à l'Institut National des Sports pour une réunion d'information
présidée par M. Pfeiffer qui annonça au public stupéfait qu'il n'y aurait plus désormais qu'une seule école d’Aïkido, l'Union Nationale d'Aïkido (UNA) et que ceux qui n'étaient pas d'accord
n'avaient qu'à s'en aller. Ce que fit une fraction du groupe Nocquet qui alla se réfugier au sein de la Fédération Française d’Aïkido (FFAD). Parallèlement, Hiroo Mochizuki commençait à
promouvoir une nouvelle discipline, le Yoseikan Budo qui se substituait à l’Aïkido Yoseikan.
Cependant, notre groupe choisit d'essayer la méthode nationale, puisqu'on nous proposait une série de stages, dits de recyclage, qui devaient commencer dès
janvier 1974. Mais les relations furent tout de suite très tendues voire hostiles.
Claude Jalbert, Alain Floquet et moi, nous avons commencé à nous rencontrer régulièrement pour tenter de préserver l’enseignement du défunt groupe
Yoseikan.
Jigoro Kano, le fondateur du Judo, avait compris l'intérêt du Budo traditionnel. Il encourageait ses élèves à étudier d'autres Arts Martiaux.
C'est pourquoi il créa, en 1928, le Kobudo Kenkyukai, Organisation pour
l'Étude et la Recherche sur les Arts Martiaux Anciens. Minoru Mochizuki en fut l’un des membres. Il eut ainsi la grande chance de pouvoir étudier le Kobudo du
Katori Shinto Ryu avec un groupe de Shihan du début du XXe siècle et l'Aïki-Jujutsu au Kobukan, auprès du Maître Morihei Ueshiba.
Alain Floquet songeait depuis longtemps à créer une institution analogue pour notre Art : l’Aïkido Kenkyukaï, qu’il traduisit en Cercle d’Études et de Recherches sur l’Aïkido, dont
l’acronyme serait CERA.
Notre équipe s'étant enrichie de Bernard Ghesquières, Jean Bonnet et Guy Jama, nous avons consacré le premier trimestre de la saison 1974/1975 à la mise
sur pied du CERA. Nous avons diffusé auprès de personnes « sûres » des avant-projets de statuts et nous avons constitué le bureau.
· 05/12/1974 : rédaction et adoption des statuts.
· 06/12/1974 : constitution du Comité Directeur.
· 11/12/1974 : à vingt heures cinquante, au restaurant « Françoise », à la gare des Invalides, naissance
officielle du CERA, nous paraphons le document du 06/12.
· 14/12/1974 : diffusion de la lettre officielle d'information qui annonce la constitution d'un Conseil des Sages qui
guidera souverainement le CERA : ce sera le Conseil des Kodansha.
· 19/12/1974 : lettre du président Jalbert à tous les clubs recensés de l'école Yoseikan, les invitant à s'inscrire au
CERA et à participer à un grand stage les 27, 28, 29 et 30 décembre!
· Parution au Journal Officiel N°13 du 16 janvier 1975, page 685 :
19 décembre 1974. Déclaration à la préfecture de police. Cercle d'étude et de recherche sur l'aïkido. Objet : étude et
recherche des différentes techniques et leur pratique au travers des différentes écoles pratiquant l'aïkido. Siège social : 103, avenue Parmentier, 75011 Paris.
En 1976, après avoir tenté honnêtement de jouer le jeu, nous rejoignons à notre tour la FFAD sous l’appellation « école CERA». Le 2
mars 1977 est créée la Confédération Française des Arts Martiaux Traditionnels (CFAMT), présidée par Claude Jalbert et rassemblant
quatre écoles :
· la Fédération Française d’Aïkido (directeur technique André Nocquet)
· le Fédération Française de Yoseikan Budo (directeur technique Hiroo Mochizuki)
· l'Institut Noro (directeur technique Masamichi Noro)
· Le Cercle d'Études et de Recherches sur l’Aïkido (directeur technique Alain Floquet)
14 octobre 1978. La CFAMT cède la place à la Fédération Française d’Aïkido et de Kobudo
(FFAK), pour répondre aux exigences ministérielles en vue d'une habilitation. Le Yoseikan Budo nous ayant lâchés pour retourner dans le giron de l'UNA, la FFAK regroupait trois
écoles : le CAB (Cercle Aïki Budo) de Me Nocquet, le CERA de Me Floquet et le Ki no Michi de Me Noro.
23/28 juillet 1979. Premier stage International au Temple sur Lot.
20 mars 1982. Première fête du CERA à la MJC de Grigny.
Rentrée 1982. Le groupe Tamura quitte l'UNA et crée la Fédération Française Libre d'Aïkido et de
Budo (FFLAB). Le Yoseikan Budo, qui avait quitté la FFJDA pour la FFKAMA (le Karaté) rejoint à son tour la FFLAB.
24 novembre 1982. Première réunion du Conseil des Kodansha. Alain Floquet exprime son intention de nommer notre Art Aïkibudo, appellation qui sera définitivement et publiquement adoptée, lors d’une réunion organisée par l’UNA, sous couvert de la FFJDA, le
19 mai 1983, par Alain Floquet alors entouré des Maîtres Minoru Mochizuki, Hiroo Mochizuki, Nobuyoshi Tamura et du Président de l’UNA-FFJDA.
Rentrée 1983. Création de la Fédération Française d'Aïkido, Aïkibudo et Affinitaires
(2F3A).
Le petit CERA né en 1974 a constamment évolué, s'est répandu sur la planète, permet à tous ceux qui ne sont pas soutenus par des Fédérations nationales
habilitées de passer les grades qui ponctuent leur progression. Il représente notre Art auprès de tous ses adeptes. Les premiers Kodansha sont toujours actifs, le Conseil des Kodansha
s'est enrichi de jeunes talents qui ont mûri et sont à leur tour devenus des techniciens renommés et dévoués. Et ceci est une autre histoire…